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Une trop courte vie pour qu'on ait pu l'apprécier dans
son éclat dernier, un trop brillant parcours pour qu'on le
veuille passer sous silence.
Si 1943 voit Janine Lafontant Nelson se confiner à ce poste
de secrétaire qu'elle occupera durant 3 ans au Département
de l'Éducation nationale, dans de toutes autres dispositions
par contre, vis-à-vis d'elle-même et de son insertion
sociale, la trouvera cette bouillonnante année 1946. En effet,
âgée alors seulement de 20 ans, cette jeune femme,
entre-temps déjà lancée dans l'action avec
la création au quartier de Saint-Antoine d'une école
pour les déshérités, voit ses vux comblés
par une bourse d'études en Service social au Canada, laquelle
pour ne rien lui apporter, évidemment, d'une démarche
où elle semble déjà si fermement ancrée,
n'en contribue pas moins pour autant à lui permettre, de
plain-pied, l'accès à d'autres possibilités
d'action.
Se voyant confier, dès son retour en effet, le service des
organisations sociales du département du Travail, elle ne
laissera alors, l'occasion tant rêvée enfin se faisant
jour, de s'atteler à l'élaboration de lois sur la
sécurité sociale, le bien-être de la famille
et de la femme ouvrière. S'étoffant à mesure
d'un parcours qui la trouvera en 1960 chef du service social professionnel
à l'Institut du Bien-Etre social, elle ne manquera pas, à
de nombreux congrès, conférences et réunions
techniques, de représenter utilement son pays à l'étranger.
1962, année fructueuse entre toutes pour cette épigone
douée et énergique d'une génération
engagée de femmes dont les éclats ont dû, très
jeune, trouver son adhésion, verra Janine Lafontant Nelson,
à qui il ne reste alors que moins d'un an à vivre,
contribuer efficacement à la mise en place de l'Ecole nationale
du service social et organiser, fait sans postérité,
les premières colonies de vacances pour ouvriers.
Tout comme sa mère, Mariella Innocent Pierre-Charles morte
37 ans plus tôt en lui donnant naissance, Janine Lafontant
Nelson, dont étaient déjà nées deux
filles, meurt prématurément en mettant au monde son
unique fils. En reconnaissance à une action, en tous points,
digne et louable, le gouvernement lui ordonne alors des funérailles
officielles où il lui sera décernée la médaille
«Honneur et Mérite» au grade d'officier. En hommage
également à sa mémoire, la salle principale
de l'Institut du Bien-Etre social se verra honorée de son
nom.
* Tiré de la Publication de la CIM |