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«Ma vie s'articule autour de quatre volets:
la mère, la grand'mère, l'écrivain, la Ligue
féminine.
Il y a aussi la musicologue».
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Affable et débordante d'une contagieuse vitalité,
Paulette Poujol-Oriol est une de ces femmes que l'on prend un réel
plaisir à entendre tout de go avancer, n'avoir connu aucune
difficulté à vivre pleinement sa vie de femme. Plutôt
rare un tel aveu et définitivement surprenant quand, loin
de laisser supposer l'avoir gagné au prix d'une âpre
lutte contre ces discriminations de tous ordres dont se voit hérissé
ordinairement un parcours de femme, viendra l'affirmation tout aussi
spontanée de le devoir à deux hommes exceptionnels:
Joseph Poujol, son père et enfin, confidence agréable,
Marc Oriol, un époux qui, à ses yeux, ne fera pas
moins, dans un deuxième temps, qu'égaler son père
en considération. De tant d'amour et de tolérance,
Paulette Poujol-Oriol tirera la force de se multiplier jusqu'à
couvrir presque allègrement ces lieues qui nous amènent
aujourd'hui un visage et un nom familiers.
Quand après ses études à l'Ecole Normale d'Institutrice,
elle se retrouve à 18 ans, au sortir de l'Institute of Commerce
of London de la Jamaïque, collaboratrice attitrée de
son grand-père dans la gestion de l'entreprise familiale,
Paulette aurait pu se croire tracé un avenir dans les affaires,
si la mémoire d'une fillette à qui «son père
faisait lire Voltaire à l'âge où les petites
filles lisent Delly», n'était restée vivace.
En effet, mordue du culturel, il se dessine très tôt
chez elle un intérêt manifeste pour le théâtre
et en 1949, c'est une membre à part entière de la
SNAD (Société Nationale d'Art Dramatique) qui fait
ses débuts sur les planches du Rex Théâtre.
Mais, il y aura aussi l'appel de l'enseignement qui l'amène
dans un premier temps à dispenser des cours de langue puis
plus tard des cours d'art dramatique, au Collège Saint-Francois
d'Assise pendant près de 14 ans, à l'Ecole Nationale
des Arts (ENARTS) où de 1983 à 1991, elle est directrice
des Etudes et aujourd'hui au Piccolo Teatro, école d'art
dramatique dont elle est directrice-fondatrice. Cet intérêt
nourri lui vaudra de recevoir le 8 avril 1992, la distinction Honneur
et Mérite de l'Université d'Etat «pour sa contribution
au développement de l'Université et à l'Education
de la jeunesse haïtienne», diplôme auquel suivra
celui très honorable de «grande personnalité
du théâtre haïtien» décerné
par le Centre haïtien de l'Institut international du théâtre-Unesco.
En Paulette Poujol-Oriol, il y a aussi une femme d'action, polyvalente
dont la publication régulière dans nos quotidiens
d'articles ayant trait à la Constitution, entre autres, revèle
un intérêt particulier pour ces débats d'importance
agitant l'heure. Témoin d'un tribut considérable à
l'avancement de la cause féminine ce relevé significatif
des organisations au développement desquelles elle n'a laissé
de contribuer. Membre du Cador (Le Club de l'Age d'Or), membre fondateur
du Club des femmes de carrière libérale et commerciale
et de la toute récente AFHA, l'Alliance des Femmes Haïtiennes
(1994) qui a coordonné l'action de près d'une cinquantaine
d'organisations féminines, elle est depuis 1987, présidente
de la Ligue Feminine d'Action Sociale dont elle est membre depuis
1950.
A d'autres, il viendra plus volontiers de Paulette l'image de cette
animatrice avertie d'une émission radiophonique de musique
classique qu'elle n'a laissé de mener dans une optique éducative.
Et celle tout aussi heureuse de la littéraire. Deuxième
femme à recevoir en 1980 pour son roman, Le Creuset(1),
le prix littéraire Henri Deschamps (dont elle a rejoint le
Jury en 1996), une des nouvelles, La Fleur Rouge, titre également
de ce receuil publié en Haïti en 1992, sera primée
sur 2000 participants de 78 pays au onzième concours de la
meilleure nouvelle de langue francaise organisé par le périodique
Le Monde en 1988. C'est dire, en peu de mots, l'attachement et la
fidélité de cette bouillonnante femme aux sources
dont elle a toujours été abreuvée : la culture.
Productions:
- Le Creuset, roman, Editions Deschamps,1980; Prix Deschamps,
1980.
- La Fleur Rouge, receuil de nouvelles, 1992.
- Le Passage, roman, 1996.
- Trou- Soleil, Théâtre, en édition.
Basé sur l'entrevue de Paulette P.Oriol par Anaïse
Chavenet et J. C-Narcisse (sept.95)
(1) La première femme à avoir eu le Deschamps a été
Alice Hyppolite pour son roman Ninon ma sur. |